Ancien site ACSCormeilles en Parisis
En ce printemps 2012, alors que je repense à ma saison cyclo passée, de bons souvenirs me reviennent en mémoire, souvenirs de ces belles randonnées effectuées avec mes potes de la section.
Mais l’une d’entre elles restera à jamais gravée dans ma mémoire et sûrement dans celle de sept de mes petits camarades. Je veux parler de notre séjour au Mont Ventoux qui a été pour tous un bel exploit sportif mais aussi une belle aventure humaine avec la découverte des copains en dehors du vélo et également quatre jours de pure « déconnade » sans femmes (Mesdames je peux vous assurer que vos bonshommes sont tous doués pour la cuisine et le ménage, n’hésitez pas à les solliciter davantage !)

Tout a commencé à l’été 2010 dans la tête de notre ami Noël. Alors qu’il regagnait la capitale après de bonnes vacances varoises, pied au plancher, au volant de sa puissante BM, en tournant la tête à droite, qu'a-t-il vu ? Le Mont Chauve qui le narguait. En fier sicilien qu’il est, il s’est dit « Toi mon gars un jour j’aurai ta peau ! ». Et plutôt que de la jouer perso, il en a parlé à ses copains de l’ACSC. Et c’est ainsi qu’est née la belle aventure.
Après quelques clics de Noël, le roi de la souris, et la réservation d’un superbe gite avec piscine au milieu du vignoble rhodanien, une réunion préparatoire, les fantasmes et les petites craintes de chacun, nous nous retrouvons le jeudi 26 mai à 5h du mat au local pour le chargement des vélos sur la remorque.
A 5h30 sonnantes, départ. Les « jeunes loups » (Nicolas B, Jean Marc J, Michel P et Noel S) embarquent dans la 307 de Jean-Marc. Ils démarrent pied au plancher pour être les premiers sur place, faire les courses, faire les lits …
Les « anciens » montent dans la seconde voiture (un C4 Picasso) qui tracte la remorque. Il y a Ghislain B, le pilote, Robert D, son fidèle copilote et les deux sages, Jean Paul G et Alain S adeptes de la sieste en auto.
Le voyage se passe à merveille jusqu’au coup de fil de la première voiture : - « On s’est fait flasher à Beaune ! ».
Hilarité générale dans le C4 Picasso : - « Qui était au volant ? »
C’est Noel et pourtant il a vu le radar. D’ailleurs il a bien prévenu ses passagers de faire un grand sourire pour la photo. Et là, flash ! « Mais je ne comprends pas, j’étais à 125km/h. »
Jean-Marc, qui tente de garder son calme, lui rappelle qu’il l’avait prévenu quelques minutes plus tôt de la limitation de vitesse à 110 km/h. Cela fera quelques points en moins mais de bons souvenirs en plus.
En début d’après midi, tout le monde est arrivé à Sarrians. Le gite est super avec sa piscine, son barbecue, sa grande table sous les platanes et ses cinq chambres.
Noël, « le chef » a pris la chambre du rez-de-chaussée. Ghislain et Jean-Marc, « les deux gros bébés » ont droit chacun à une chambre individuelle et un grand lit. Michel, Nicolas et Robert partagent la même chambre et ses lits superposés en souvenir de leurs jeunes années colos. Les deux sages, Alain et Jean-Paul partagent la même chambre par affinités … pour la radio et ses infos matinales !
Après l’installation, une tête dans la piscine, nous partons faire une petite sortie de décrassage en direction de Bedarrides où Nicolas a réservé sa location aoutienne. Accueil de la sympathique propriétaire dont le minois en inciterait plus d’un à venir passer quelques jours dans la région.
Retour au gite pour le premier repas et donc le premier apéro.
Les beaux-parents de Michel, qui habitent la région, se joignent à nous. Après le ou les « petits jaunes serrés » de l’ami Alain, le cubi bien frais de Ventoux rosé des beaux parents, les grillades et la salade de riz de nos chefs Jean-Marc et Robert, quel bonheur de refaire le monde à l’ombre des platanes.
Vendredi 27 Mai : Le réveil est plutôt difficile pour beaucoup d’entre nous. Une barre s’est installée dans la tête de chacun. C’est sûrement dû au mistral bien présent ce matin-là !
Petit déjeuner et on enfourche les vélos pour une ballade « dégrisante » dans les Gorges de la Nesque. Robert, à la fois notre grand frère, notre nounou et notre photographe, nous suit en voiture.
Notre petite ballade, tout d’abord très touristique dans les superbes Gorges de la Nesque et immortalisée par notre Robert Doisneau Cormeillais va se transformer au fil de la matinée en galère. En effet, notre ami Jean-Paul a décidé de nous faire « butiner » sur une côtelette locale : le col des Abeilles. Et la petite côte se révèle très sévère avec le vent de face et la pluie au sommet. A 14 heures, nous rentrons livides au gîte et quelque peu désabusés (la ballade affichera tout de même 105 kilomètres au compteur). Et c’est là que notre druide Gaillandrix intervient en tapant sur la table : « les gars, vous prenez une bonne douche, un bon repas et une bonne nuit et vous serez prêts pour demain ! »
Tout le monde écoute le maître : douche, repas, piscine, dîner, bonne nuit réparatrice car demain c’est le grand jour.
Samedi 28 Mai : Réveil à l’aube. Tout le monde est en forme (Il avait donc raison Jean-Paul le sage) même le mistral particulièrement virulent. Après un bon petit déjeuner, nous voilà partis à la conquête du Mont Chauve. Le soleil est de la partie et il fait scintiller les dernières « Sidi » du père Noël.
Après quelques kilomètres d’échauffement dans le vignoble, nous parvenons à Bedoin, départ de notre ascension.
L’adrénaline est à son top. Le stress est là aussi. Et c’est parti ! Quel bonheur d’être parmi ces cyclos (femmes, jeunes, anciens, VTT…) qui s’élancent tous pour ce défi.
Au bout de quelques hectomètres, Nicolas, notre chamois cormeillais démarre. Ghislain, Jean-Marc et Michel suivent en restant groupés pendant quelques kilomètres. Jean-Paul, Alain et Noël ferment la marche en gérant leur ascension.
Pour notre plus grand bonheur, dans tous les virages, notre ami Robert met en boite l’exploit de chacun par des photos et des vidéos.
Au bout de deux bonnes heures, Nicolas, dont les jambes tournent aussi bien que dans le Vexin, atteint le sommet. Il sera suivi de Ghislain, Jean-Marc, Michel, Jean-Paul, Alain et Noël.
Après un bon moment passé au sommet, à contempler l’admirable panorama qui s’offre à nous et à raconter chacun son ascension, nous nous élançons dans la descente plein d’allégresse pour regagner le gite où nous attend une bonne douche et un bon repas.
Le soir nous finissons cette journée dantesque à la table d’un bon restaurant de Beaumes de Venise.
Dimanche matin, notre nounou Robert a enfourché le vélo pour aller nous chercher des croissants. Quelle délicatesse !
Cela va donner des forces à nos deux infatigables Bordeaux-Paris men qui chevauchent leurs montures pour rejoindre Saint-Quentin-la-Poterie, dans le Gard, situé à 70 kilomètres de là (les autres se contenteront de le faire en voiture).
C’est dans cette charmante bourgade que nous reçoit Julia, la très gentille belle sœur de Noël. En bonne italienne, elle nous a concocté une farandole de pizzas et de pâtes qui viendront à bout de nos appétits féroces, le tout arrosé de bons vins locaux.
Puis nous quitterons à regret cette très belle région pour regagner la capitale, les jambes certes lourdes mais la tête pleine d’étoiles, en nous promettant de remettre une pareille expérience sur pied l’année prochaine.
C’est chose faite puisque nous nous embarquons pour de nouvelles aventures au Grand Bornand fin mai 2012.
Ghislain
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