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Roc’h des Monts d’Arrée 2012 (suite)

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Nous en avions rêvé, nous en avons parlé, Benoit a tâté le terrain  puis les choses se sont précisées. Réunion, emails, qui, quoi, comment, où… et vive le système D et tout s’accélère jusqu’au jeudi 13 septembre 2012… Le soir nous testions l’arrimage et l’éclairage de la remorque, le vendredi nous chargions les vélos dessus, fébriles, excités… par l’arrivée du week-end tant attendu.
Pour la nième fois je vérifie mon sac… 2 chambres à air, une pompe, un kit rustine, des clés, des vis, un dérive chaine, une chaine neuve avec attache rapide, mes tenues, mes chaussures (ce serait le gag !) des barres de céréales, du pain d’épice, ma licence, l’email de confirmation de mon inscription. Et si je vérifiais encore une fois….
De bonne heure et de bonne humeur, nous étions prêts le samedi. Olivier était à l’heure et son vélo aussi ! Benoit rongeait son frein en regardant désespérément passer les copains ! Hamid a été tout aussi patient. Enfin Nous sommes arrivés avec Gilles, nous étions en retard. Au local, nous croisons Evelyne, elle fait un deuxième aller-retour pour son Didier qui n’a pas de tête! Tout le monde s’agite, chut  les voisins.
Il est 6h30… le convoi s’ébranle avec un petit retard de 15 min sur l’horaire initialement prévu, direction Poissy, autoroute, azimut la Bretagne. Notre sortie Roc’h des Monts d’Arrée vient enfin de commencer.
Dans le Touran chacun trouve sa place mais la prochaine fois il faudra prévoir les lecteurs de DVD et DivX, dixit Benoit & Hamid. Les yeux dans les rétros je commence à me rassurer… la remorque suit sagement la voiture, quant aux vélos, bien arrimés, ils sont sous l’étroite surveillance de Bruno qui suit dans la Volvo, deux vélos sur son dos. Il faut bien avouer que c’est une première et que sur la remorque il y a un joli pactole de dix vélos tous plus beau les uns que les autres ! Enfin Olivier ferme la route dans sa  « béhème » en patientant tant bien que mal, les anciens ont piqués un somme !
Première halte il était temps ! Il n’y a pas d’arbre à suicider, Robert fera avec, ou plutôt sans !  Vidange (trop tôt pour les vendanges) pour tous avec petit café. Mais où est le thermos de Benoit ? Coup de téléphone à Maud qui le retrouvera sur le trottoir… à Cormeilles. Sans doute étions-nous plus préoccupés par les canettes, les bouteilles de vins, de champagne… que le café ! Trinquons à nos actes manqués ! Pause finie, nous repartons. Pas de temps à perdre.
P9150031R.JPGDurant le trajet, on aperçoit au loin le Mont Saint Michel. Gilles s’échine à le prendre en photo depuis la voiture avec son portable…  Nouvelle pause « pipi », étonnant personne ne nous l’a réclamée plus tôt. Enfin Guingamp, nous sortons de l’autoroute et traversons villages et campagne jusque chez Etienne & Marie-Antoinette, les parents de Benoit.
L’accueil est on ne peut plus amical et dangereusement à la hauteur de l’évènement ! La barre est placée très haute. On se dégourdit les gambettes dans le jardin en faisant le tour du propriétaire jusqu’au trésor caché dans une remise,  le premier vélo de compétition de Benoit… Photo de groupe sous le frêne-pleureur et nous prenons l’apéritif. Quelques présents sont offerts, Orchidée, Chocolats et l’amitié prend le pas sur la bienséance. Nous passons à table et nos hôtes déclinent leur sens de l’hospitalité, petits plats dans les grands… merci mille fois encore et encore..
Roch-des-monts-d-arree-0043R.JPGIl est toujours très difficile de se séparer lorsque nous sommes heureux mais il faut repartir et promis, nous nous retrouverons demain sur le chemin au Roc’h… nous avons déjà des supporters ! Halte chez Leclerc où une partie de la troupe achète les derniers produits pour le week-end et partage sa bonhommie avec certains clients et la caissière… qui parait-il a de beaux yeux…. Jacques fait entendre sa voix mieux qu’un micro et tous reviennent hilares aux voitures.
Nous repartons à travers la campagne bretonne, azimut Carnoët. La voiture se faufile entre deux maisons, les pneus crissent sur le gravier, chacun observe la maison où sont nos gites, nous sommes bouches bées.  Puis tout le monde parle, nos cerveaux confirment ce que nos yeux voient, tout n’est que superlatif. Nos gites ne sont pas dans un vieux corps de ferme mais dans un manoir (Chantal & Didier Isselée  / Le Manoir de Kerhayet / 22160 CARNOËT / www.manoirdekerhayet.fr). Nous restons  sur le parking comme si nous refusions d’y croire. Benoit en chef d’orchestre  discute des dernières modalités avec la propriétaire. Nous visitons les deux gîtes, les jardins, la piscine, le jacuzzi… pincez moi je rêve !
P9150034R.JPGUn groupe décharge les voitures et la remorque pendant qu’un autre part chercher les dossards à Huelgoat. Ils rentreront impressionnés par l’organisation et ne tariront pas d’éloges sur la petite bénévole qui s’occupera d’eux…  Ceux qui envisagent un tour au pub ce soir dormiront dans le grand gîte, les autres dans le petit. Un joyeux désordre règne le temps de l’installation.  Les chambres sont investies, les couples se forment : Olivier M et Olivier « petit cœur », Benoit et Hamid, Gilles Jacques et moi formerons une troïka dans la grande chambre avec lit à Baldaquin ! Quant à Bruno il dormira sur le canapé avec son…. Vélo…  Tu as un nouveau vélo ? Non, il est propre…  Tu es un peu maniaque ? Non pas maniaque, juste soigneux ! A bon entendeur… Dans le petit gîte, Robert et son PACS Didier (« Pote d’Activité Cyclo-Sportives ») s’installent ainsi que Georges & Jean-Marc, le duo interchangeable de la compétition.
CIMG7580R.JPGFin de l’après-midi, chacun revêt sa tenue, se dépêche pour une ballade culturelle d’échauffement à la vallée des Saints (www.lavalléedessaints.com) « Saints » non pas » Seins » Hey les gars nous sommes à Carnoët pas au bois ! Cela fait du bien d’être sur le vélo et après quelques instants nous voici sur ce promontoire impressionnant, bordé d’immenses sculptures en l’honneur des saints bretons. Nous faisons le tour de toutes les statues et admirons la vue imprenable…  c’est tout simplement magique. Une descente à travers un champ jusqu’à une église en cours de reconstruction dans laquelle Olivier sonnera  les cloches.
Nous rentrons au gîte pressés de tester la piscine et le jacuzzi. Lorsque j’arrive à la piscine, les murs encore ruisselants témoignent du concours de « bombes » alors que le jacuzzi ronronne. Soudain Benoit m’aperçoit et vanne mon slip de bain, cycliste xxs aux couleurs du club ! Je n’ai pas fini d’en entendre parler ! Pendant ce temps-là, les « anciens » préparent la pasta afin que nous soyons gavés de sucres lents.  Les douches sont prises, Jacques est beau comme un sous neuf dans son pyjama en pilou-pilou, les choses sérieuses peuvent commencer, à table ! Je passerai sous silence la partie boisson… mais les élixirs étaient aussi bons qu’abondants, chacun ayant apporté une bouteille, un magnum, du vin, du champagne… notre week-end n’est pas que sportif, il est aussi festif ! Le repas terminé, un calva et direction le pub… nous marchons sur la route à travers la nuit noire, c’est la campagne ici ! Les chiens grognent et aboient sur notre passage… le pub est fermé. Nous retournons au gîte déclenchant de nouveau les aboiements…  Encore un peu de délire d’une chambre à l’autre, une tentative de dégonflage du matelas pneumatique de Gilles puis extinction des feux… demain c’est le grand jour…

Finalement j’ai bien dormi malgré la crainte que la tête de lit ne nous tombe sur la tronche. J’avais prévenu Jacques… n’ai-je pas trop ronflé ? Non juste une seule fois me dit-il… de 22h à 6h! Benoit fait le tour des chambres réveil !!!!!!!!!!!! Aller hop on s’active il faut être à l’heure, les 50km partent à  8h06 ! Benoit charge son vélo, nous récupérons la remorque qui a sagement dormi derrière le manoir. Arrivée  à Huelgoat, on gare les voitures puis on se dépêche, l’horloge tourne. Vélos déchargés, sacs sur le dos nous cherchons la zone de départ. C’est très impressionnant, il y a des VTTistes partout. Nous arrivons sur le stade transformé en aire de départ, il y a des vélos par centaines… appel au micro par groupe avec les dernières recommandations… faites attention à certains endroits et surtout, surtout, amusez-vous !!!!!!!!!
P9160037R.JPG« Les  mercenaires » Benoit, Bruno, Hamid, Olivier, inscrits sur le 70km sont partis, je ne les ai même pas vus !
« La cinquième compagnie des Monts », Didier, Gilles, Jacques, Jean-Marc, Olivier « petit cœur » et moi, inscrits sur le 50km nous engageons sur l’air de départ. Cette marée de VTT est aussi belle qu’impressionnante ! Enfin on part ! Tiendrons-nous la distance ? Robert planqué en embuscade fait des photos.
Enfin, « le duo tontons flingueurs », Robert et Georges partiront après nous sur le 40km. George inscrit sur le 50km a changé sa place avec  Jean-Marc sur le 40km.  Georges devient Jean-Marc et vice et versa… mais qui est qui ?
Nous roulons et très vite découvrons le terrain. Par chance il n’a pas plu la veille et le temps est frais mais radieux. Ne pleut-il pas que sur les cons en Bretagne ? Le parcours est varié, tantôt roulant, cassant, montant descendant, mais toujours plaisant. Nous suivons les balises et savourons l’instant.  De temps à autre un « goulot » d’étranglement nous arrête… les chemins saturent comme le périph ! Il est même nécessaire de porter le vélo à certains endroits.  Premier ravito – les bénévoles sont déguisés en marsupilami… hilares. Nous reprenons des forces et nous discutons… vélos, tenues, maillots… bien entendu !
Nous repartons. Sur le bord du chemin nous croisons des chaines cassées, des pneus crevés… c’est Verdun !!! Je croise les doigts. Lorsque nous en discuterons à l’arrivée, aucun d’entre nous n’aura été victime ouf !
Les paysages défilent, chemins en bord de champs, sous-bois, route, rivière, lande, une telle variété est surprenante et  ainsi les kilomètres défilent. La question qui me préoccupe est toujours présente : tiendrai-je la distance ? Soudain Gilles se blesse au genou. Ca craque, ça se bloque ça fait mal… mais il repart… a-t-il le choix ?
CIMG7743R.JPGNouveau ravito, les super héros bénévoles sont installés au bord d’une rivière  juste après un merveilleux single.  Nous faisons quelques photos sur un vieux pont digne d’Astérix et Obélix.  Selon les « tontons flingueurs » certains sont passés à vélo sur ce pont et un en particulier a fini dans la rivière.
Nous repartons, nous ne voulons pas nous refroidir de trop. Gilles ne dit rien mais son genou le tiraille alors que plusieurs d’entre nous semblent en plus grande forme et trépignent  d’attaquer. Mais il faut aussi ménager sa monture pour aller loin. Ils s’amuseront plus tard et en montée… Gaucheeeeeeeee gaucheeeeeee Olivier « petit cœur », Didier, Jacques, Jean-Marc se jouent des montées et doublent ceux qui comme moi s’accrochent à leur guidon !
L’ambiance est vraiment joyeuse. Dans la lande nous nous arrêtons de nouveau pour admirer le paysage et faire un ou deux clichés… mais Jacques ? Il est où Jacques…  seras-tu sur certaines photos ? Fuis-tu l’appareil ? Nous recroisons un participant muni d’une caméra avec  lequel Gilles, lors d’un ravito, a sympathisé et échangé son numéro de portable. Ohé re-salut… nous sommes désormais en gros plan sur internet… mais arrêtés, pas sur les vélos !
Plein les yeux, plein les poumons, plein les oreilles, plein les pattes !!!! Vais-je tenir ? Fierté ou orgueil je ne sais pas mais il est hors de question de mettre un pied à terre !  Pause pipi à côté d’un immense tas de bois, Robert a dû passer par là ! Didier appelle son portable… Les « tontons flingueurs » sont déjà passés, mais les « mercenaires » sont derrière. Nous sommes encore dans la course ! Nous repartons.
IMGP6039.JPGEnfin les compteurs parlent, l’arrivée approche. Nous roulons sur un chemin plat le long d’un lac… des familles pique-niquent déjà et nous encouragent sur notre passage. C’est bon.  Deux photographes accrédités nous attendent dans un virage. Un flash – mince je vais encore perdre des points !! Nous entrons dans Huelgoat, c’est fini, ou presque, virage à droite, une montée. Virage à gauche, une descente, virage à droite, une montée. Virage à gauche, une descente, virage à droite, une montée. Cela n’en finira donc jamais ! En haut, nous retrouvons Etienne et Marie-Antoinette venus encourager leur fiston. On glane des nouvelles des autres. C’est étrange de ne pas avoir été ensemble sur le parcours comme tous les dimanches… avons-nous vécu la même histoire ? Dernière descente et arrivée sur le podium. Yes, je l’ai fait ! Photo de groupe. Robert et Georges nous attendaient impatients de savoir comment se sont déroulés nos 50km. Ont-ils eut aussi ce sentiment étrange ? Ils sont arrivés depuis un bon moment alors chacun s’accorde à dire qu’ils auraient pu suivre le 50km.
CIMG7775RIl y a beaucoup de monde et nous nous frayons un chemin jusqu’au stand de lavage des vélos.  Une mitraillette est reliée à une borne incendie. Il n’y a pas d’attente ! Une fois encore sous soulignons l’organisation de cette manifestation, dont la plupart des personnes ne sont que des bénévoles ! Nous n’aurons trouvé à redire que sur la sécurité à côté du gros tas de bois. Notre chemin coupait une route  et personne n’assurait la sécurité. Mention tableau d’honneur avec félicitations à l’organisation et aux bénévoles.
Nos vélos rincés, nous apercevons « les mercenaires ». Ils ont le visage marqué. Réponse laconique d’Hamid lorsque je lui demande si cela a été : «  j’en ai chié ». Il a été plus secoué que les autres qui roulent tout suspendu.  Je n’ose imaginer ce qu’il a dû en être ! Benoit, Bruno et Olivier racontent leur périple. Il semble qu’il ait été bien plus physique et technique que le nôtre, au-delà des 20km de différence.
Gilles fait voir son genou aux pompiers, c’est ok. Nous partons chercher notre sandwich boisson… fourbus mais heureux. Chacun y va de son récit, et n’a qu’une idée en tête… la piscine et le jacuzzi ! J’ai juste une obsession supplémentaire et depuis j’ai du mal à ne pas sourire lorsque j’entends le prénom de Kirikou. Les gars, planquez-vous, il est de retour en 3D ! Arrivés au Manoir, nous nous retrouvons à l’abri dans l’eau salvatrice avant de dévorer les restes d’une des deux gigantesques brioches apportées par Gilles. C’est bon d’être réunis ensemble après avoir réussi les Roc’h. Champagne !
Roch-des-monts-d-arree-0037R.JPGLes douches prises, nous repartons, direction la crêperie où la joyeuse bande va  s’en donner à cœur joie d’autant que les crêpes sont excellentes. Ayant été économes en carburant, nous allons même pouvoir nous régaler d’une crêpe supplémentaire ! De retour au gîte, nous goutons encore un peu au calva maison. Il règne une ambiance festive, comme si nous chassions l’idée que demain c’est le retour.
Mais tout a une fin, nous rentrons à la maison. Comme nous sommes joueurs nous testons l’autonomie du Touran, le coup de la panne sera pour une autre fois ! Pendant que nous faisons le plein, d’autres achètent les provisions pour le repas du midi. Les kilomètres s’égrènent en silence. Si Benoit et Gilles se sont réveillés, Hamid lui en écrase dur. Qu’en est-il dans les autres voitures ? Nous nous arrêtons sur une aire d’autoroute et nous nous faisons cueillir par la pluie.  Nous sommes en Bretagne ! Sans doute sommes-nous un peu « cons », tristes que ce week-end se termine. Mais une chose est déjà décidée…. Nous sommes ok pour 2013, et si nous n’allons pas aux Roc’h, alors nous irons ailleurs !
C’est maintenant l’heure de dire merci, à Benoit notre « gentils organisateur », à ses suppléants, au club, à Etienne & Marie-Antoinette, nos hôtes d’un midi, aux organisateurs des Roc’h et tous les bénévoles, à tous ceux croisés le long de ce périple (Mamies admiratives, Papis blagueurs… «douches gratuites pour femme 90-60-90 »). J’ai l’impression de fermer un livre, mais il ne tient qu’à nous de l’ouvrir de nouveau ou d’en prendre un autre.

 

Christophe D.

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